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La mort d’Ophélie

Dès son arrivée à Paris, Hector Berlioz fut profondément bouleversé par le théâtre de Shakespeare. Redécouverte par les Romantiques (Victor Hugo, Théophile Gautier, Eugène Delacroix parmi d’autres) l’œuvre de Shakespeare devint une source importante d’inspiration pour ce mouvement artistique.

Berlioz assista, en 1829, à des représentations d’Hamlet et de Roméo et Juliette au théâtre de l’Odéon à Paris. Il en fut marqué à vie, tomba follement amoureux de l’actrice anglaise Harriet Smithson, qui interprétait alors les rôles d’Ophélie et de Juliette et finit par l’épouser. Cette passion lui inspira sa célèbre Symphonie fantastique ! Berlioz composera par la suite une Symphonie sur Roméo et Juliette, et Tristia, un triptyque inspiré de Hamlet.

La mort d’Ophélie est la 2ème partie de Tristia. Elle fut d’abord une mélodie pour soprano et piano, puis fut orchestrée pour choeur de femmes et orchestre symphonique en 1848.

Le texte versifié est d’Ernest Legouvé et il est tiré de la fin de l’acte IV de Hamlet, lorsque la reine apprend à Laërte ce qu’il est arrivé à sa soeur, Ophélie.

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Partition

- Auprès d’un torrent Ophélie
- Cueillait, tout en suivant le bord,
- Dans sa douce et tendre folie,
- Des pervenches, des boutons d’or,
- Des iris aux couleurs d’opale,
- Et de ces fleurs d’un rose pâle
- Qu’on appelle des doigts de mort.

- Ah !

- Puis, élevant sur ses mains blanches
- Les riants trésors du matin,
- Elle les suspendait aux branches,
- Aux branches d’un saule voisin.
- Mais trop faible le rameau plie,
- Se brise, et la pauvre Ophélie
- Tombe, sa guirlande à la main.

- Quelques instants sa robe enflée
- La tint encore sur le courant
- Et, comme une voile gonflée,
- Elle flottait toujours chantant,
- Chantant quelque vieille ballade,
- Chantant ainsi qu’une naïade
- Née au milieu de ce torrent.

- Mais cette étrange mélodie
- Passa, rapide comme un son.
- Par les flots la robe alourdie
- Bientôt dans l’abîme profond
- Entraîna la pauvre insensée,
- Laissant à peine commencée
- Sa mélodieuse chanson.

- Ah !